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CO2 et informatique, le point de vue des sites informatiques
Auteur : JF Maquiné

Dernière révision : 19 Décembre 2006
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Préambule
  

D'un côté, nous cherchons à acheter des ampoules basse consommation, des réfrigérateurs de catégorie A en énergie, de même pour la machine à laver. C'est-à-dire que nous essayons de diminuer notre consommation d'énergie. De l'autre côté, on lit sans broncher la sortie d'une nouvelle alimentation de 1000w, des systèmes quad SLI de NVidia, du 4x4 d'AMD. Il y a comme un paradoxe et Onversity a essayé à plusieurs reprises, au cours de l'année 2006, de montrer ce paradoxe. Notre dernier article en date sur le sujet étant NVidia 8800GTX : Une génération perdue

Ce paradoxe n'est pas seulement dans notre attitude, il est aussi dans celle des constructeurs de nombreux produits informatiques. Alors que les constructeurs d'électroménagers, de voitures, d'avions, ... cherchent à proposer des produits consommant de moins en moins, produisant ainsi une courbe décroissante de la consommation de leurs produits de génération en génération, en informatique on a au mieux une courbe constante et malheureusement encore croissante dans des secteurs importants comme celui des cartes graphiques.

Ce double paradoxe montre un double problème. D'abord celui des constructeurs qui ne semblent pas encore vouloir changer leur logique industrielle en intégrant la consommation comme un, si ce n'est LE, facteur déterminant. Ensuite celui des consommateurs, c'est-à-dire nous, qui ne demandons même pas à un vendeur combien consomme l'ordinateur que nous achetons et n'avons aucune exigence envers le vendeur pour qu'il dispose de ces informations. Alors que dans le rayon d'à côté, notre premier regard sur les réfrigérateurs va vers la classe de consommation en énergie du produit.

Nous pensons, à Onversity, qu'il était donc temps de demander l'avis des principaux sites informatiques de matériels informatiques. Tous ont accepté de nous répondre sauf PresencePC. Mais l'interview n'est pas fermée. Si vous pensez que votre site est représentatif dans le monde francophone des sites de matériels informatiques, nous serons heureux de mettre votre interview en ligne.

Actuellement quatre sites participent à cette interview : Clubic, Hardware.fr, Matbe, et PCinpact. L'introduction est celle que j'ai donnée à tous les sites interviewés. Aucun commentaire de notre part n'apparaitra dans cette interview. Il ne s'agit pas de juger, mais de souligner que nos efforts, nos exigences en tant qu'utilisateurs et sites informatiques doivent être rehaussés, comme ils l'ont été pour d'autres domaines.

Bonne lecture :).





Introduction
  

Avec la récente conférence de Nairobi qui s'est tenue du 6 au 17 novembre 2006, il ne fait plus aucun doute que la pollution que produit l'homme a un effet dévastateur sur notre environnement, de même qu'il ne fait plus aucun doute que nous devons agir pour diminuer cette pollution. En particulier la production de CO2 doit diminuer comme l'oblige le protocole de Kyoto. Protocole que l'Europe a signé.

Si des progrès ont été remarqués dans la consommation électrique avec l'électroménager, les ampoules basse consommation, l'isolation, ... il n'en va pas de même pour l'informatique où on peut constater que des produits comme les cartes graphiques continuent, d'une génération à une autre, à avoir une courbe de consommation croissante.

En tant qu'important site informatique d'information, vous êtes autant un prescripteur de solution qu'un lieu de communication d'idées. Afin que les lecteurs francophones connaissent mieux votre position face à ce défit majeur qu'est la pollution en CO2 voici quelques questions. Si vous le souhaitez, vous pouvez ajouter une question à cette interview et y répondre.





Positions générales des sites face aux problèmes de pollution
  

Votre site a-t-il une position quant à la consommation énergétique des produits informatiques et les problèmes de pollution au CO2 ?

Clubic
Il est manifeste que la consommation électrique des microprocesseurs et des cartes graphiques a atteint au fil des ans un niveau que l’on pourrait qualifier d’inquiétant. Le problème est devenu tel qu’il a forcé certains industriels à développer des palliatifs, que ce soit au niveau des systèmes de refroidissement mis en œuvre ou des alimentations utilisées (on se souvient des cartes graphiques avec alimentation externe). Et lorsqu’Intel s’est heurté à un mur avec ses architectures initialement pensées pour succéder au Pentium 4, l’industrie toute entière a réalisé que le problème de la consommation était devenu critique et qu’il fallait s’en préoccuper en amont, lors de la conception même des produits. C’est pourquoi lors de nos tests de cartes graphiques haut de gamme et de processeurs, nous évaluons systématiquement la consommation électrique et l’échauffement généré. A nos yeux, un système s’adressant aux particuliers et renfermant une alimentation de 1000 Watts est une pure hérésie. Rendez-vous compte : c’est plus que la consommation de certains fours électriques ! Et nous n’avons pas de mot pour la mode du Quad qui sévit chez AMD avec le QuadFX et chez NVIDIA avec le QuadSLI : dans un cas comme dans l’autre il s’agit d’un brillant exemple de gaspillage.

Hardware.fr
Nous sommes un site dédié au matériel informatique, pas un site politique, donc le site en lui-même n’as pas de position. Les différentes personnes participant au site ont bien entendu des opinions à ce sujet, et comme tout un chacun la production de CO2 issue de l’activité humaine est un point qui tends à m’inquiéter.

Matbe
Cela fait déjà un moment que dans de nombreux tests, nous donnons la consommation des produits que nous testons, en particulier les processeurs. Le but initial est bien évidemment de donner une idée au lecteur de la chaleur dissipée par le produit en question. C’est plutôt au niveau des alimentations que nous éduquons nos lecteurs en matière de consommation énergétique. Nous avons en effet rapidement expliqué les bienfaits du rendement d’une alimentation qui pour rappel permet de minimiser la consommation inutile de watts sous forme de chaleur. Non seulement cela réduit la consommation électrique mais évite également la montée en régime du ventilateur du bloc, réduisant donc les nuisances sonores. En matière de CO2 par contre, nous devons avouer que c’est un sujet que nous n’abordons pas.

PCInpact
Nous avons consacré plusieurs articles sur les questions des bombes écologiques que sont les nouvelles technologies. À ce titre, limiter les problèmes de pollution informatique au seul dégagement de CO2 est bien trop restrictif : en fin de vie, les DEEE, déchets d’équipements électriques et électroniques contiennent outre de l’or, des métaux lourds, du cyanure, du cadmium, de l’arsenic, et autre mercure...

Il suffit de voir la situation de l’Afrique ou de la Chine sur ces questions, alors que certaines villes sont devenues de véritables poubelles planétaires. Nous suivons à ce titre les actions du Basel Action NetWork, ONG suisse en tentant de sensibiliser nos lecteurs sur ces problématiques et les évolutions juridiques des directives européennes (RoHS, DEEE, etc), récemment transposées en France. A ce titre une quinzaine d’articles a été publiée sur ces questions depuis début 2005, dont récemment sur l’obligation de recyclage.

Maintenant, il est vrai aussi que la question écologique n’est pas posée à chaque présentation d’un nouvel écran ou d’une nouvelle carte. Quel que soit notre engagement, il ne s’agit pas de nous dédouaner derrière quelques articles « écologiques » publiés ou à venir : simplement, on ne possède aucune information définissant exactement le degré de pollution généré par tel produit. Les appréciations sont ainsi générales, à défaut de technicité. Le point devient ainsi l’un des critères abordés dans nos tests (cf : voir infra).





Etre actif ou ne pas l'être
  

Pensez-vous que, face à ce problème de surconsommation et de pollution, le rôle des sites internet informatique tels que le vôtre doit être passif ou actif pour faire changer les choses ?



Clubic
Le rôle de Clubic.com est d’informer le lecteur sur les qualités et les inconvénients d’un produit. Et lorsqu’un Pentium D ou un Athlon 64 FX consomme plus que de raison, il est effectivement de notre devoir de le signaler clairement et sans détour. Toutefois nous ne sommes pas impliqués dans la phase de conception des produits et c’est au final au fabricant de faire changer les choses. C’est l’industriel qui aura en définitive la volonté de faire évoluer la situation… non pas le journaliste. Au niveau des actualités, Clubic.com figure parmi les rares sites à aborder régulièrement les problématiques liées à la pollution de l’environnement par l’informatique, preuve d’une réelle conscience de notre part de ces questions. Quelques exemples de brèves :



HFR
Nous sommes là pour guider les utilisateurs en leur donnant des informations objectives leur permettant de faire leurs choix en toute connaissance de cause, notre rôle s’arrête là.

Matbe
Je pense que notre rôle principal n’est pas là. Des sujets comme la surconsommation et la pollution devraient être davantage pris en considération au niveau des pouvoirs politiques. Il faudrait malheureusement imposer plus de normes aux fabricants afin d’éviter les surenchères qui surviennent dans certains secteurs. Cependant, nous avons effectivement un rôle actif à jouer mais nous ne pouvons pas aller au-delà de notre rayon d’action. Il est évident que la consommation fait partie de nos préoccupations lors d’un test et nous en informons le lecteur. La sortie de la récente plateforme AMD 4x4 par exemple est une aberration écologique en termes de consommation. Il s’agit malheureusement de la part d’AMD d’un produit destiné à rassurer les investisseurs face à la facilité qu’à Intel à sortir un Quad Core à consommation raisonnable. L’intérêt économique prime sur l’écologie comme souvent dans notre société occidentale centrée sur l’individu et marquée par l’égoïsme.

PCInpact
Inévitablement actif, toutes proportions gardées puisqu’on ne peut pas ressasser ad nauseum « la pollution, c’est mal ». Notre créneau est cependant l’information et chaque étape importante en ce secteur trouve écho dans nos colonnes. Quant à la surconsommation, ne nous cachons pas : le critère a souvent été appréhendé selon un strict angle technique, voire économique, mais non écologique.

Reconnaissons cependant que dans nombre de cas, nous sommes limités à une activité de communication sur le sujet. Les efforts les plus significatifs ne pourront venir que de l'industrie et des gouvernements, par des mesures strictes et une réelle volonté de remédier au problème de consommation d'énergie et de pollution. Si les citoyens se préoccupent de l'écologie, c'est comme toujours les institutions qui pourront imposer des mesures d'envergures ou ne serait-ce que se borner à donner les moyens de réagir à chacun, par des incitations fiscales, ou autres.

Précisons qu'en France, la consommation électrique et la surproduction de CO2 sont deux problèmes relativement séparés, puisque 80 % de l'électricité produite dans notre pays est d'origine nucléaire, c'est-à-dire sans production de CO2. En revanche, on déplace le problème : le nucléaire dégage de grosses masses de vapeur d'eau, et certains scientifiques supposent qu'à trop forte doses, cette vapeur d'eau pourrait aussi déséquilibrer l'écosystème de la planète. Et surtout : le nucléaire crée des déchets dont le stockage est réellement problématique (long terme, extrêmement polluant). Mais l'urgence à court terme reste la surproduction de CO2...





Critère d'évaluation des produits informatiques
  

Allez-vous intégrer la consommation comme l’un de vos principaux critères d’évaluation d’un produit informatique ?

Clubic
La consommation est un critère d’évaluation au même titre que les problématiques de performances, de compatibilité ou de stabilité. Il peut se révéler prépondérant sur le haut de gamme, mais pas nécessairement sur l’entrée ou le milieu de gamme. Un produit est un tout, un ensemble : au même titre que l’on n’achète pas une carte graphique pour la simple raison qu’elle affiche un score de 138 fps sous Prey, on ne doit pas se focaliser sur la seule consommation électrique d’un produit pour déterminer s’il est bon ou mauvais. Prenons un exemple dans le monde de la 3D : une GeForce 7950 GX2 consomme un peu moins d’électricité qu’une Radeon X1950 XTX pour des performances plus ou moins équivalentes. Quelle carte préférez-vous ? A en juger par la consommation électrique, vous me répondrez vraisemblablement la GeForce 7950 GX2. Mais si je vous dis que la Radeon X1950 XTX offre une meilleure qualité d’image, ne préférerez-vous pas favoriser ce critère puisque c’est finalement le rôle premier d’une carte graphique ?

HFR
Nous mesurons déjà la consommation dans les tests des éléments les plus gourmands, à savoir processeur et carte graphique

Matbe
J’ai déjà partiellement répondu à cette question dans les questions précédentes. Dans le cas des alimentations, c’est un critère décisif pour les conséquences collatérales que peut avoir un mauvais rendement. Pour les processeurs, nous l’évoquons pour signaler aux lecteurs quels sont les processeurs susceptibles de se contenter de systèmes de refroidissement passifs ou silencieux. C’est un critère pris en compte par pas mal de gens mais ne nous voilons pas la face, pas par souci écologique mais plutôt par souci de faibles nuisances sonores.

PCInpact
Elle l'est déjà, tout comme les considérations écologiques au niveau des emballages ou même du respect de la récente directive RoHS. Comme nous l'avons déjà précisé, limiter l'impact écologique des produits informatiques à leur seule consommation est analyser la chose de manière incomplète.

On trouve trop souvent des produits possédant des emballages démesurés, voire en plastique afin de convenir à des règles marketing qui ne sont établies qu’à des fins strictement mercantiles. À ce titre, l’industrie reflète probablement une part des acheteurs, qui réclament du strass et des paillettes pour les emballages, donc une méconnaissance, ou un désintérêt pour ces problèmes.

Nous n'avons pas hésité à critiquer de tels comportements, notamment dans notre récent test de la Radeon X1950Pro de Sapphire, ou à féliciter les actions de certains constructeurs comme ce fût le cas avec la 7300GT de Palit, au packaging minimal et recyclable.

Pour ce qui est de la consommation, nous l'intégrons dans nos relevés depuis près d'un an, et elle joue un critère important dans nos conclusions, bien qu'elle ne puisse être le critère majeur. Mais là aussi, il faut faire attention à ce dont on parle, puisque la consommation maximale n'est pas la seule qui importe.

La consommation au repos réclame une part d’attention non- négligeable. Elle est la plus constatée puisque les utilisateurs ont aussi souvent recours à leur PC pour surfer, consulter leurs mails...

Pour ce faire, nous utilisons des indicateurs en interne que nous tentons d'améliorer au fur et à mesure de nos tests pour refléter l'impact économique pour l'utilisateur, puisque c'est bien souvent par ce biais que l'on peut faire admettre que la quête de puissance ne peut pas se faire sans un peu de conscience.

À ce titre probablement faut-il signaler l'annonce récente de la société Neuf Cegetel, et de son PC Easy Gate. Ses composants requièrent un minimum d'énergie : l'objectif est de fournir un PC pour surfer, afin de démocratiser l’usage d’Internet, pas une bête de guerre. Dans un PC, une pollution invisible vient du renouvellement des composants. Invisible pour le consommateur, du moins, qui se préoccupe peu généralement de savoir comment se débarrasser de ses vieilleries. Neuf Cegetel parle « d'une promesse de non-obsolescence hard et soft », ce qui n'entraînerait moins de renouvellement des composants. Mais par-dessus tout, le modèle sera recyclable afin de réduire les effets du traitement des produits électroniques en fin de vie. Voilà un vrai pas vers des solutions intéressantes et réfléchies.





Les classes énergétiques pour les produits informatiques
  

Pensez-vous que l’utilisation de classes de consommation comme cela existe pour les frigos ou les machines à laver est intéressante pour certains produits informatique (processeurs, CG, ...) ?

Clubic
Il s’agit là d’une idée intéressante qui pourrait effectivement sensibiliser les industriels, mais aussi et surtout leurs clients, à l’importance de cette problématique. A condition bien sûr que les échelles soient établies intelligemment et appliquées de manière systématique.

HFR
Cela pourrait être intéressant mais d’un point de vue strictement écologique s’intéresser uniquement à la consommation électrique c’est un peu l’arbre qui cache la forêt. L’empreinte écologique de certaines pièces est sensiblement impactée par d'autres facteurs, que ce soit au niveau de la production, du transport ou encore de sa fin de vie.

Matbe
Ce serait en effet intéressant de normaliser dans le domaine des processeurs et des cartes graphiques pour que le consommateur sache à quoi s’en tenir. Cela permettrait de lui indiquer si l’alimentation qu’il possède par exemple est capable de supporter le produit qu’il va acheter. Au niveau des alimentations, il existe la norme 80Plus qui est attribuée par un organisme chargé de vérifier que l’alimentation propose un rendement supérieur à 80%. Pour les néophytes, un rendement de 80% signifie que sur 100 watts consommés à la prise, 20 watts sont consommés inutilement sous forme de chaleur. Plus le rendement est élevé et plus le gaspillage de watts est faible. Cependant, il faut également être conscient que les produits informatiques ne constituent pas le problème majeur de la pollution et de la surconsommation. Aujourd’hui, la très grande majorité des PC consomment entre 100 et 200 watts. Seules les configurations hors normes arrivent à consommer jusqu’à 500 ou 600 watts.

Quand on voit la consommation d’un percolateur, d’un aspirateur ou d’une machine à laver, on se dit que les ordinateurs ne consomment pas tant que ça. La différence entre des produits électroménagers et les PC, c’est que ces derniers sont allumés plus longtemps. A ce niveau, il serait bon d’éduquer les consommateurs sur l’inutilité de laisser un PC allumé quand on ne l’utilise pas. Trop de gens que ce soit chez eux ou à leur travail laissent le PC sous tension et qui dès lors continue de consommer inutilement des watts. La fonction de mise en veille de Windows est à ce titre là bien conçue mais est malheureusement trop peu utilisée.

PCInpact
Oui, car en écologie, plus qu’ailleurs, tout ce qui milite vers plus de transparence est forcément bienvenu. L’un des scénarii idéaux serait de pouvoir annoncer cette classe de consommation à chaque article dans une zone dédiée ou dans le résumé des spécifications techniques.

La mesure est entrée dans les mœurs chez les fabricants de gros électroménagers et les consommateurs ont appris à scruter ce critère religieusement. Mieux encore, il est devenu un levier à actionner chez tout bon commercial pour déclencher l’acte d’achat.

Du côté des constructeurs, la démarche commence à se faire, et de plus en plus, il est question de performance/watt. Reste que la façon dont est calculé ce ratio est souvent fait de manière biaisée.

On l'a récemment vu avec le GeForce 8 de NVIDIA dont les efforts au niveau de la consommation en charge ont été assez conséquents, sans pour autant parvenir à un résultat vraiment intéressant au niveau de la consommation au repos.

Celle-ci est en effet trop importante pour une machine qui reste inactive. Ainsi, il faudrait établir une véritable norme de calcul des consommations permettant à l'utilisateur de réellement connaître l'impact de ses achats sur sa consommation. Mais cela ne peut sans doute pas se faire à un stade franco-français, l'Europe disposant sans nul doute de bien plus de pouvoirs en la matière.

D’ailleurs, pas simplement pour certains produits ! Si un PC représente un ensemble de pièces que l’on peut changer, le grand public n'a pas cette vision du tout. Les ordinateurs de bureau s'achètent entièrement montés, car le public les envisage comme un instrument. Et idem pour les portables qui suscitent un véritable engouement. Pour établir un parallèle avec les voitures, peu de personnes se décideraient à acheter les pièces détachées d'une voiture pour la monter eux-mêmes. La logique est la même pour un ordinateur. Les pièces détachées n'intéressent que peu le grand public. C'est donc la totalité de la machine qui doit être évaluée comme plus ou moins gourmande en énergie. Le consommateur pourra alors établir des comparaisons sur des objets assemblés, et non uniquement sur la base de pièces isolées.





La machine la plus écolo en CO2
  

Avez-vous l’intention de proposer à vos lecteurs une machine idéale basse consommation ?

Clubic
Excellente idée ! Nous allons probablement y réfléchir.

HFR
Pour le moment nous ne proposons pas de machines clés en main, quelle qu'elle soit.

Matbe
Oui c’est dans nos intentions, principalement pour ce qui concerne la tranche de lecteur souhaitant se monter un Media Center. Le but n’est pas tant de leur dire que c’est une machine écologique mais plus de leur signifier ce qu’il faut choisir pour avoir une configuration permettant plus aisément de réduire les nuisances sonores.

PCInpact
Pour les configurations que nous proposons à nos utilisateurs, nous avons pour critères globaux le silence, l'efficacité, et un choix des produits qui va dans le sens de nos articles, c'est à dire, qui prend en compte les considérations écologiques.

Ainsi, nous n'hésitons pas à refouler des produits qui seraient un peu plus efficaces, mais aussi bien plus gourmands, ou alors, disposant de packagings surdimensionnés.

Il ne serait pas bon de limiter ce conseil à des machines spécifiques, il faut que nous fassions comprendre à nos utilisateurs que, dès aujourd'hui, ils peuvent concevoir la machine de leur rêve, dans un budget parfois restreint, tout en intégrant la problématique écologique.

Bien entendu, nous publions aussi une configuration uniquement pensée pour la puissance, parce que certains en ont besoin pour diverses raisons, mais il ne s'agit là que d'un cas extrême.





Prêt à faire des sacrifices ?
  

Pensez-vous qu’une majorité de vos lecteurs, en tant qu’utilisateurs de produits informatiques, serait prête à accepter une stagnation des performances informatiques pendant une ou deux années le temps que l’industrie puisse s’adapter à ces nouvelles contraintes si cela pouvait avoir un gain réel sur la consommation et donc la pollution des produits informatiques ?

Clubic
Je pense que des industriels comme Intel ont déjà réussi a déjà démontrer, et ce à plusieurs reprises, qu’il était possible d’augmenter significativement les performances tout en diminuant la consommation électrique ou en la maintenant constante. AMD n’est pas en reste avec ses processeurs EE, alias Energy Efficient. D’autres acteurs, notamment dans la 3D, ont également démontré que d’une génération à l’autre le ratio performance par watt pouvait être amélioré significativement. Aussi la problématique telle que vous l’exposez ne me paraît pas du tout d’actualité. Qui plus est, une stagnation des performances à l’heure de Windows Vista, du Blu-ray, du HD-DVD et des jeux DirectX 10 me semble tout à fait inenvisageable. L’industrie informatique n’a jamais adopté une attitude passéiste, et s’il faut impérativement réduire la consommation électrique de certains composants pour protéger notre environnement, cela ne passera pas par la remise au goût du jour des processeurs 8086.

D’autant que la consommation ou l’échauffement généré par un produit ne sont pas les seules conséquences néfastes pour l’environnement. Je pense ici particulièrement au recyclage des déchets électroniques, une problématique où la France n’est pas franchement en avance, loin s’en faut. Et que dire de la pollution sonore générée par les systèmes de refroidissement surdimensionnées tentant de pallier à l’échauffement démesuré d’une puce…

HFR
La majorité des utilisateurs ne changent pas de machine tous les ans mais toutes les 3 à 4 années donc une telle pause n’aurait pas d’impact pour eux. Côté « power userws », il ne faut pas oublier que parmi toute la consommation liée à l’informatique seule une petite partie leur est imputable. Dans l’absolu si l’on veut vraiment s’attaquer au problème à bras le corps on se trompe à mon avis de cible, que ce soit en terme de population ou même d’usage : des limitations de consommation sur les voitures par exemple auraient un impact bien plus fort. Bien entendu dans un monde parfait l’idéal serait d’agir sur tous les fronts …

Matbe
Une partie des lecteurs sera bien évidemment contre. Il y en a toujours qui sont prêts à dépenser des cents et des milles pour avoir le dernier cri qui leur fera gagner quelques FPS dans leur jeu favori. Mais d’une manière générale, beaucoup de consommateurs sont conscients que, ces dernières années, les évolutions des performances des processeurs ont stagné par rapport à ce que nous avons connu dans les années 90. Personnellement, le PC familial tourne sous Windows XP avec un Pentium 4 ‘C’ depuis trois ans et je ne risque pas de la changer avant un moment, malgré l’arrivée de Vista. D’ailleurs, l’arrivée de Vista tombe mal pour imposer ce genre de problèmes. Le nouveau système d’exploitation de Windows est plus gourmand en ressources si on décide de profiter de ses nouvelles fonctionnalités visuelles. Bref, faire avaler aujourd’hui une stagnation des performances au consommateur avec l’arrivée de Vista va s’avérer difficile.

Pour revenir à la consommation et des normes qu’il faudrait édicter, je pense que c’est un problème non majeur. La consommation des produits informatiques est loin d’être aussi problématique que dans d’autres secteurs. Je pense que le passage à la norme RoHS est de loin plus importante pour limiter la pollution. Les fabricants ont dû s’y mettre et cela leur a déjà coûté pas mal d’argent. Le seul secteur qui devrait être tenu à l’œil est celui des cartes graphiques qui a tendance à être toujours plus gourmand mais pour le reste, les fabricants de processeurs ne sont pas vraiment à éduquer car le marché des ordinateurs portables étant en plein boom, ils cherchent à créer des processeurs consommant toujours moins afin de maximiser l’autonomie. Les recherches effectuées dans ce domaine rejaillissent souvent de manière bénéfique sur les processeurs de bureau comme en attestent les AMD Athlon 64 EE ou les Core 2 Duo dont la consommation est en nette baisse par rapport aux Prescott.

PCInpact
Sans aucun doute sur le principe pour la grande majorité, mais soyons clairs, cela relève de l'utopie. À titre complémentaire, nous avons réalisé un sondage auprès des lecteurs. Au troisième jour (lundi), nous avions 2740 votes. À la question « quel est votre état d'esprit quant à la consommation énergétique et l'informatique ? », plus de 4 lecteurs sur 10 répondent que « la question me préoccupe, je fais des efforts, sans plus ». 20% répondent « J'aimerais m'en inquiéter, mais je manque d'infos et de moyens ». Pour 16%, c’est à l’industrie de s’occuper de ces questions quand près de 12% estiment être prêts à tout pour réduire la pollution des produits informatiques. Seuls moins de 10% n’en ont strictement rien à faire.

Le milieu informatique est un marché, il est composé de sociétés dont le but est de faire de l'argent. Et si les utilisateurs sont souvent les premiers à demander une meilleure gestion de l'énergie, ils veulent dans le même temps des applications toujours plus ergonomiques, disposant de plus de fonctionnalités, plus rapides, des jeux plus beaux...

Ceux qui font l'offre de ce marché doivent donc s'adapter à cette demande. Or, la mouvance actuelle va dans le bon sens, à quelques exceptions près (CrossFire, Sli, 4x4...). Le boom du marché des portables, qui consomment beaucoup moins qu'une machine « standard » en est la preuve.

Reste que l'on peut améliorer grandement les choses en faisant comprendre au consommateur que c'est dans son intérêt de s'orienter vers des produits, qui ne sont pas toujours les plus performants, mais qui ont été pensés de manière efficace, ce qui incitera les constructeurs à suivre le mouvement (qui est déjà bien amorcé de leur côté).

D’un certain point de vue, le consommateur est au centre de la problématique. Si une dynamique est créée (campagne de sensibilisation, etc.) et que sa demande va dans le sens de l'écologie, les constructeurs s'adapteront. Maintenant, si elle se fait uniquement sur des critères de puissance comme aujourd'hui, cela ne pourra pas évoluer de manière positive.

Mais il ne faut pas non plus oublier que les produits qui sont les mieux pensés, sont aussi souvent plus chers. Ainsi, recommander des alimentations à haut rendement, est aisé, encore faudrait-il qu'elles soient abordables à tout un chacun.

Il est souvent difficile pour un revendeur d'expliquer à son client pourquoi l'alimentation qu'il lui conseille coûte deux fois le prix du boîtier complet qu'il avait demandé au départ...

Sur ce point cependant, les opinions divergent. Des jeux qui réclament des cartes graphiques toujours plus puissantes, n'incitent pas les consommateurs à se montrer vigilants. Bien au contraire. Et l'on ne verra se monter des associations réclamant des consommations moins élevées que lorsque le prix de l'électricité aura quadruplé. Et par la force des choses, les consommateurs râleront. Mais changeront-ils de comportement ? Utilise-t-on moins sa voiture alors que l'essence augmente ?





Le mot de la fin
  

L'objectif de cette interview était évidement de recueillir les avis des plus importants sites informatiques francophones. Mais c'est aussi l'occasion à travers ces questions de sensibiliser tout à chacun à l'importance qu'a la consommation électrique des produits informatiques sur notre environnement.

Pour finir je tiens à remercier les différents sites de s'être prêté au jeu de cette interview :).




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