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Un journaliste anglais de la BBC disait que ce qui distingue le plus les Américains des autres peuples occidentaux c'est qu'ils pensent qu’on peut trouver une solution à chaque problème. Je dirais qu’il estime que cette mentalité est la plus productive, la plus intelligente et elle amène à les tirer d’affaire plus souvent que d'autres formes de pensées au regard de la dureté de leur société. J'ai malheureusement perdu trace de cet article, qui paru vers le milieu de 2009. Par contre une journaliste de the Guardian a récemment publié un article qui fait écho à ce que je viens d'expliquer.
Barbara Ehrenreich titre son papier : Smile! You've got the cancer. Elle s'en prend à la pensée positive qui en gros vous demande de considérer un cancer comme un don de la vie, qui va vous permettre de voir les choses sous un angle différent. C'est très américain et c'est un dérivé direct de la mentalité "We can fix it!". Penser qu'on peut se battre contre le cancer est plus constructif que d'en avoir peur. Ce n'est pas faux, mais comme le soulève Barbara Ehrenreich, cela va si loin qu'on s'inscrit d'avantage dans une négation de la réalité que d'un simple état d'esprit combatif. C'est vrai, mais si les Américains poussent un peu trop loin cette méthodologie pour un Européen, elle n'en existe pas moins chez nous et chez tout être humain. Face à la dureté de la réalité, il est vital de pouvoir s'en échapper. Barbara Ehrenreich explique aussi que la pensée positive vous pousse à considérer que ce qui vous arrive est votre destin. Chez les Américains cela fait référence à un concept biblique où Dieu vous envoie un de défi pour éprouver votre foi.
Là où ça devient vraiment intéressant c'est lorsque Barbara Ehrenreich fait un lien entre la négation de la réalité qu'on vous suggère et le fait que cela peut servir directement ou indirectement à un groupe à se protéger des erreurs ou de l'exploitation qu'il a pu faire au détriment de la collectivité. Dans son cas, il s'agit du corps médical. Des médecins ont prescrit des hormones pour contrer d'éventuelles apparitions de décalcification osseuse, de démences, … Il a été démontré en 2002 que cette prescription augmentait par deux le risque du cancer du sein. Elle a eu cette prescription, elle a eu un cancer du sein, et c'est sa colère qui l'a amenée à comprendre le pourquoi ce qui lui est arrivé, et lui a plus été utile que la pensée positive qu'on a essayé de lui vendre.
Il y a ici deux concepts fondamentaux de psychologie individuelle et collective. Savoir dépasser les traumatismes subis, ce qu'on appelle la résilience et comprendre d’où l'on vient, connaitre son pays d'origine, l'histoire de sa famille, ... ce qui définit grandement notre identité intérieure.
Now you are asking to yourself, what the hell has this something to do with science? Actually quite a lot. La philosophie, l'art, la religion, la science peuvent être vus comme des mécanismes permettant de produire des concepts ayant pour fonction de permettre à l'être humain de comprendre son environnement. Ce que je viens de dire est plus qu'une simple vue de l'esprit. Il existe un nombre important de gens qui produisent des théories du complot et sont prêts à les défendre avec une vigueur peu commune. L'une des explications du foisonnement du nombres de ces théories est le besoin 'naturel' pour l'homme de trouver une explication a des faits. D'assorcier une théorie avec les éléments que ses sens et son cerveau enregistre.
La Science est actuellement le courant le plus prolifique. Des concepts comme l'indécidabilité (théorème de Gödel), la superposition des états (mécanique quantique, chat de Schrödinger), d'incertitude (Heisenberg), hiérarchie des infinies (Cantor, ensemble dénombrable), quasi-cristaux (périodicité irrégulière), dilemme du prisonnier (théorie des jeux), … Au cours de ces 150 dernières années, le nombre de concepts (souvent non intuitifs) produits par la science est considérable, la plupart peuvent être utilisés pour modéliser nos sociétés, nos interactions avec le monde, entre les êtres humains. Mais toutes ces avancées ne semblent pas intégrées à l'éducation et encore moins dans notre société au quotidien.
We can fix it. On peut résoudre les problèmes. Que vous soyez pro ou anti (science, religion,...), il ne fait plus de doute que plus nous serons convaincus qu'on peut résoudre les problèmes, plus notre résilience sera importante. Pour résoudre les problèmes, nous devons le plus possible augmenter le nombre et la qualité de nos outils, ici les concepts. La science est (actuellement) notre meilleur atout ici.
Il y a une contrepartie, il ne faut pas se voiler la face. La science implique une culture du risque. On peut diminuer les risques et faire en sorte que les risques majeurs soient sous contrôle (ex : centrale fission), on peut essayer d'empêcher les imbéciles d'utiliser les modèles mathématiques (ex : crise financière), mais dans une civilisation scientifique on ne peut pas se garantir de tout danger.
Plusieurs problèmes concrets apparaissent. Le risque lié au savoir scientifique n'est pas clairement énoncé, cela produit des situations inextricables. Des mouvements demandent l'arrêt des centrales nucléaires. Comme les cartes ne sont pas sur la table, on est dans un épais brouillard qui empêche de solutionner le conflit. Mais que veulent-ils ? Juste la disparition de ce risque (société scientifique avec minimisation des risques), de tous les risques technologiques (société non scientifique) ? Le problème est que, comme nous ne sommes pas seuls, il y a compétition entre les sociétés et cela tend à maximiser les risques.
Le problème ici c'est de faire un choix. Un choix que doivent faire toutes les sociétés européennes. La plupart des sociétés asiatiques et la société américaine ont fait le choix de la science. Faisons le nôtre. |