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| Pour les lecteurs francophones |
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Comme vous avez pu le constater ces derniers temps les titres des textes sont écrits en anglais et la dernière actualité est en langue anglaise. Cela mérite une explication.
Depuis 1 an, j'ai fait le constat que les bases de la culture intellectuelle française ne m'offrent plus les éléments suffisants pour évoluer. J'ai fait le choix de la culture américaine. J'ai commencé à traduire et apprendre des films et feuilletons américains, à lire des livres sur la structure politique des USA, sa culture. Je peux citer des faits triviaux. Je préfère le LATimes au NYTimes que je lis quotidiennement dans la mesure du possible. J'ai supprimé mes liens vers les journaux français. Je vais prendre mon abonnement à l'American Scientific au lieu de La Recherche. A force, dans les conversations, ce sont des expressions américaines qui me viennent à l'esprit. Mais l’essentiel est bien dans une captation d'idées nouvelles pour moi qui me restimulent intellectuellement.
Exemple. Pour un Français le tourisme c'est ok, puisque première destination mondiale. Pour un Californien qui apprend que la première industrie de son état est devenue le tourisme, il s'inquiète. Cela signifie pour lui que les centres d'affaires (au sens large, Hollywood inclus) sont en baisse. Or ce sont des emplois très qualifiés et le plus souvent très bien payés. Pour lui la Californie s'appauvrie et périclite doucement.
Les USA sont politiquement marqués par le bipartisme. Un des points noirs est la faible mobilisation électorale que cela provoque (c'est une explication importante, mais pas la seule bien sûr). Plus ce taux est bas, plus on peut s'interroger sur le sens du mot démocratie. Par contre cela oblige les électeurs à choisir dès le début de la campagne entre l'un des deux candidats. A l'arrivée c'est une très grande partie des électeurs qui est derrière. Il y a là un concept d'unité de la nation que nous n'avons pas. Qui n'a pas entendu dire que tel ou tel président avait en fait été élu par 20% des Français ? Trop souvent.
Du point de vue du langage strict, il y a des choses remarquables, je pourrais en citer une douzaine, mais la dernière que j'ai apprise suffira. Elle est par ailleurs appropriée au sujet.
"A rose by any other name would smell as sweet" - W. Shakespeare - Romeo and Juliet
Cette phrase est régulièrement utilisée dans des contextes similaires à l'expression "l'habit ne fait pas le moine". Mais en la lisant on comprend mieux comment intellectuellement on peut en arriver à des concepts comme la carte n'est pas le territoire. Du moins en première approche, je vois des liens se tisser et c'est très stimulant.
Back on duty. Dans la pratique, les textes seront de plus en plus souvent en anglais, mais il n'y aura pas de passage brutal. J'imagine que certains d'entre vous s'interrogeront sur la validité d'une telle démarche, je répondrais à leurs interrogations dans la mesure du possible.
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| Will the last man standing be a robot ? |
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Les rumeurs sur l'intelligence des robots pouvant égaler ou surpasser celle des humains existent depuis longtemps. L'avènement de l'informatique leur a donné une nouvelle assise et plus de rumeurs sont nées et plus de gens les ont ralliées. Pour l'instant l'émergence d'un programme intelligent bien qu'annoncé surtout dans les années 1980 ne s'est pas faite. Les promesses de l'IA ne se sont pas réalisées.
Une fois qu'on a posé cela, deux remarques importantes sont à faire. En premier qu'est-ce que l'intelligence pour un robot ? Il s'agit d'un ensemble de programmes coordonnés qui permettent de faire exécuter une tâche même complexe à un robot et de s'adapter à un évènement imprévu perturbant la tâche du robot afin de ne pas briser le flux de travail, de ne pas détériorer le travail déjà accompli et de ne pas entrer en conflit avec un être humain. Ce qui pose problème aujourd'hui est la partie adaptation puisqu'elle requière une certaine autonomie de la part du programme. En second, il est indéniable que des progrès en algorithmique et en puissance de calcul continuent à être fait. En fait on a tellement progressé que le mythe de l'intelligence des robots est redevenu à la mode. Selon les nouvelles rumeurs, le grand jour serait pour avant 2050.
Faut-il prendre tout ça au sérieux ? Aucune preuve mathématique n'existe sur l'impossibilité de faire une machine intelligente au contraire de la machine à mouvement perpétuel. Il n'est donc pas déraisonnable de penser qu'on puisse un jour en produire une. Est-ce raisonnable ? Cela, seul l'avenir nous le dira. Mais admettons, for the sake of argument, que cela soit possible. Qu'elles en seraient les conséquences ?
C'est sur cette question que s'est penché un brillant ingénieur américain, Marshall Brain, et sa réponse est sans appel. Nos sociétés ne sont pas structurées pour gérer le bouleversement que cela produira. Il produit différentes voies pour amortir le choc industrio-culturel et redéfinit le coeur de nos sociétés. On peut ne pas être d'accord sur sa conception d'une société pouvant gérer les robots intelligents. Par exemple il propose un salaire mensuel pour tous, représentant le travail des robots. Quoiqu'il en soit, le point essentiel est que l'avènement des robots intelligents créé un déséquilibre majeur dans la balance des emplois. Effectivement, lorsque l'informatique est arrivée, beaucoup d'emplois en particulier chez les secrétaires ont été supprimés. Mais l'informatique a aussi créé de nouveaux emplois. La balance entre perte et création a été à terme à peu près équilibrée. Avec les robots intelligents, il n'en sera pas de même, il faut s'attendre à une perte sèche de plusieurs centaines de millions d’emplois dans les pays industrialisés.
Allons plus loin, l'évolution suivante ne serait-elle pas de donner la conscience de soi à un robot et ne vont-ils pas alors discuter leur place dans le monde en opposition aux êtres humains ? At the end of time, will the last man standing be a robot ?
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| The hunt for earth-like planets |
| Le 7 mars la NASA a lancé le télescope spatial Kepler. Ce dernier a pour mission de repérer de super-Terre, c'est-à-dire des planètes ayant au maximum 15 fois la taille de notre planète. La technique utilisée pour repérer ces super-Terre est la technique des transits qui consiste à rechercher des variations de luminosité d'une étoile. Effectivement, lorsqu'une planète passe devant son étoile, elle affaiblie très légèrement sa luminosité. La variation de la luminosité détermine la taille de la planète.
Corot, un autre projet similaire, est déjà opérationnel dans l'espace et a fourni des premiers résultats. Mais Corot n'est pas uniquement dédié à la recherche de planète extrasolaire et son télescope n'est pas aussi précis que celui de Kepler. Cette différence de précision fait que Kepler peut repérer des planètes plus éloignées de leur étoile et plus proches d'une orbite apte à conserver la vie. Par exemple la dernière planète trouvée par Corot a 15 fois la taille de la Terre mais il y fait environ 1500° Celsius.
Ces projets ont des handicaps. Par exemple plus une planète est éloignée de son étoile, plus elle tend à orbiter lentement autour. La dernière super-Terre de Corot orbite en 20 heures. C'est très avantageux pour les repérer puisqu'il faut moins d'une journée d'observation pour observer la variation de luminosité, mais pour une planète qui orbiterait en 800 jours, les projets Corot et Kepler ne sont pas encore adaptés, or les planètes vraiment proches de la nôtre en taille et masse orbitent plutôt entre plusieurs dizaines de jours à plusieurs centaines de jours autour de leur étoile. Un autre problème survient. Il faut que le télescope, la planète et l'étoile soient dans un même plan. Ainsi si on ne trouve pas de planète orbitant autour d'une étoile, cela ne signifie pas qu'il n'y en a pas (avec les outils dont on dispose), mais simplement qu'il peut y avoir des planètes orbitant selon un plan différent.
Malgré tout la recherche de planète similaire à la nôtre n'a jamais été aussi intense et dispose de nouveaux outils qui devraient nous amener leur lot de découvertes surprenantes. Les amoureux de l'espace et des sciences sont aux anges, mais qu'en est-il des autres ? Il y a d'abord l'argument, que l'on nommera de mauvaise foi afin d'être politiquement correct, et qui consiste à dire que les dépenses de ce type de projets seraient plus utiles pour nourrir la population mondiale. C'est du même niveau que ceux qui vous disent qu'il faut vider votre assiette parce que des gens meurent tous les jours de faim en Afrique. Le gaspillage est intrinsèque à notre type de société de même que la réalisation de grands projets scientifiques sont intrinsèques à la science.
Un autre argument, parfaitement fondé, est celui qui affirme l'inutilité de rechercher des super-Terre puisque même si l'on en trouve une avec de la vie intelligente, nous ne pourrons pas communiquer avec elle à cause des distances. Derrière la recherche d'une nouvelle Terre, il y a la recherche des différents types de planètes de système solaire, de la compréhension de leur formation, de celle des galaxies et au final de l'univers. Bref ce serait une saignée dans la science que de se passer de l'astronomie d'autant que c'est une des sciences les plus dynamiques et les plus fécondes depuis la fin du XXème siècle.
Et il y a évidemment le point de vue de ceux qui défendent ce genre de projet. Ce qui les lie est essentiellement le rêve que ces projets apportent. Et vous, à quoi rêvez-vous ?
Sources et liens utiles :
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