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Windows : Un multitâche parfois mal géré
 Auteur : JF Maquiné Dernière révision : 15 Février 2008
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Introduction
   

L'histoire de Microsoft et du multitâche est longue et sinueuse. Alors que les systèmes Unix ont, dès l'apparition des premiers microprocesseurs grand public aux fonctionnalités multitâches matériels, exploités leurs possibilités en 1987, il fallut attendre 1995 pour voir Windows faire de même pour le grand public. Mais durant cette période, Microsoft n'est pas resté inactif. La firme a développé un superbe système d'exploitation du nom d'OS2 (Operating Système 2) mais pour le compte d'IBM. L'arrivée tardive d'un système d'exploitation de Microsoft exploitant les instructions multitâches des microprocesseurs Intel s'explique en partie par la concurrence que se sont faits OS/2 et Windows.

D'un autre côté, deux projets parallèles existaient au sein de Microsoft. L'un dédié au professionnel et nommé Windows NT (New Technologie) et l'autre Windows 95, 98. En 2000, Microsoft fusionne les deux projets et portera le nom de Windows 2000. Windows XP sera l'aboutissement de ce projet.

Entre les conflits avec IBM et les fusions de projets, tout n'a pas toujours été facile pour le projet Windows grand public et il souffre encore de certains problèmes de jeunesse. Ainsi dans la gestion multitâche, Windows fait montre de certaines légèretés, voire insuffisances, qui pourraient être corrigées si Microsoft y portait un peu plus d'attention. Voyons deux d'entre-elles

Bonne lecture.





Un démarrage laborieux
   

L'une des briques fondamentales à tout système d'exploitation multitâche est la création de fonctions d'entrée / sortie (E/S ou I/O en anglais) réentrantes. Cela signifie par exemple que lorsque la fonction de lecture d'un disque dur est activée, on puisse lancer une nouvelle fois cette fonction alors que la première commande n'est toujours pas terminée.

Si une telle capacité est exigée à un système multitâche, son utilisation non réfléchie peut amener à des paradoxes. Ainsi lorsqu'on accède simultanément à deux disques durs, on accèlère le traitement comparé à des accès séquentiels. Par contre si cela se produit sur le même disque dur, cela peut produire un ralentissement comparé à des accès séquentiels. Le paradoxe étant que la fonction de lecture E/S rendue multitâche pour accélérer les traitements produit dans certains cas un ralentissement parfois conséquent.

Ce ralentissement est un phénomène qu'on pourrait qualifier 'd'emballement du temps d'acccès '. Lors du lancement de Windows, plusieurs applications nécessaires à son bon fonctionnement sont chargées en mémoire RAM. Celles-ci sont chargées quasiment simultanément grâce aux propriétés multitâches qu'on a donné aux fonctions E/S. Malheureusement un disque dur n'est pas un système multitâche. Fondamentalement c'est un mécanisme séquentiel avec une optimisation qui permet aux têtes de lecture de sauter d'un espace à un autre pour augmenter la vitesse moyenne de temps d'accès. Lorsque le système tente de charger simultanément plusieurs applications, il va en réalité charger alternativement des morceaux de chaque application. Cela va avoir pour conséquence de déplacer considérablement les têtes de lecture pour chaque morceau.

Le problème du démarrage de Windows, c'est qu'on applique un raisonnement multitâche, que des composants électroniques n'ont aucune difficulté à gérer, à des systèmes mécaniques qui fondamentalement restent séquentiels et non simultanés. La solution au problème de lenteur au démarrage est simple. Il suffit de télécharger les applications les unes après les autres et non simultanément. Bien sûr cela pose le problème de savoir quand on peut lancer l'application suivante et donc savoir quand une application a fini de se charger en mémoire. Mais ce problème ne semble pas insurmontable vu que les temps de chargement de Windows sont une plainte permanente que Microsoft a à coeur de résoudre (enfin il faut l'espérer).





Des irruptions intempestives
   

Ce qui frappe lorsqu'on passe d'un système de type Unix à Windows est l'apparition plutôt intempestive de messages d'information d'une application A dans une application B. Cela prouve évidemment que Windows est bien multitâche puisqu'une application A, en tâche de fond, continue à fonctionner lorsqu'on est dans une application B. Le problème est que si on est en cours de saisie dans l'application B, la saisie va se poursuivre dans la fenêtre d'information de l'application A lorsque celle-ci surgit. Ceci n'est pas acceptable.

Ce n'est pas tant l'affichage d'un message qui pose problème mais la perte de contrôle de l'application dans laquelle on est en train de travailler. Il y a là un problème de profondeur de réflexion sur la manière dont des applications fonctionnant simultanément doivent se partager l'espace d'information. C'est une faiblesse profondément ancrée dans les entrailles de Windows et il n'est pas sûr qu'elle puisse être corrigée simplement.





L'interface Windows. Un multitâche qui se cherche
   

Il fut un temps pas si lointain où copier un fichier du bureau vers une fenêtre bloquait la-dite fenêtre de toute autre activité. La fusion de NT4 et de Windows 9X s'est faite dans la douleur concernant l'interface homme-machine de Windows et le processus de maturation s'est fait lentement.

Sous Windows XP on peut voir un reliquat des problèmes multitâches de l'interface. Ainsi le déplacement d'une fenêtre dont le contenu est en cours de chargement est parfois récalcitrant. Pourtant en théorie il y a parfaite séparation entre le contenu géré par l'application et le contenant géré par Windows. De même pour Windows il y a en théorie des séparations entre le contenant affiché et le contenu affiché.

Pour Windows Vista je n'ai malheureusement pas pu faire de tests encore, mais vu les modifications importantes de l'interface, il serait intéressant de voir si des progrès ont été faits du côté de l'indépendance des tâches.





Conclusion
   

On peut ne pas aimer Windows, mais il reste incontournable de par les parts de marché qu'il représente, ce qui se traduit par un investissement massif de la part de tous les éditeurs de logiciels. De fait et sans même parler de défaillance, la moindre petite insuffisance peut devenir une bête noire pour des millions d'utilisateurs. Microsoft en a bien conscience et s'évertue, de version en version, à améliorer Windows, parfois avec plus ou moins de bonheur. La consommation des ressources est dans les points négatifs et la sécurité dans les points positifs. Puis il y a celles qu'on ne voit pas. Ainsi le passage de Windows 2000 à Windows XP a apporté des améliorations multitâches significatives en particulier pour l'interface graphique.

L'évolution de Windows est cumulative comme bon nombre de logiciels, mais il est aussi parfois nécessaire de recommencer depuis une page blanche car certaines insuffisances peuvent persister et empêcher à terme des évolutions significatives. Est-ce le cas de Windows ? Difficile de répondre car Windows n'a pas pour l'instant de concurrent pour le grand public comme en témoignent les parts de marché. Dans l'immédiat la réalisation de Vista semble laisser sur sa faim bon nombre d'utilisateurs.




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